Elle se dit entière, fidèle à ses convictions. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle a quitté la liste d’opposition « Ensemble construisons Vieillevigne » menée par Sylvain Moulet avec laquelle elle avait été élue conseillère municipale minoritaire en mars 2020, à Vieillevigne (Loire-Atlantique).
Depuis novembre de cette même année, Evelyne Raulet est donc toujours dans le conseil, mais en solitaire.
« Malgré notre score de 42 %, on n’a eu que 5 sièges. C’est la règle, on la connaissait, mais c’était assez frustrant. Alors quand en plus on ne s’unissait pas dans nos votes, ça n’avait plus de sens pour moi », recontextualise la retraitée de 67 ans, qui assure ne pas sentir le poids des années « dans [son] corps ni dans [sa] tête ».
« En 2026, je voudrais être moi à 27 »
Sa désolidarisation lui a permis de se sentir « beaucoup plus crédible ». Beaucoup plus libre aussi. « J’interviens et je pense comme je veux, c’est du luxe », sourit-elle.
Mais ça ne suffit pas à peser sur les orientations stratégiques de la commune, chose pour laquelle elle s’était initialement investie en espérant devenir première adjointe. Alors aujourd’hui, avec l’expérience d’élue qu’elle a acquise et ses convictions qui se sont renforcées, c’est encore plus haut qu’elle vise. « Là je suis moi à 100 %, et en 2026, je voudrais être moi à 27 », annonce-t-elle pour la formule.
Depuis l’été dernier, la Vieillevignoise d’adoption, qui s’est installée dans la commune en 2016, travaille donc à la construction d’un programme pour les élections municipales de 2026.
« J’ai beaucoup d’idées mais ce que je défends avant tout, c’est l’intelligence collective. Je tiens donc à le finaliser avec ceux qui me rejoindront. Je ferai aussi des consultations citoyennes thématiques pour m’assurer que l’on est sur le bon chemin », assure celle qui dit avoir constitué pour l’heure « la moitié de [sa] liste ». Une liste à laquelle elle a d’ailleurs déjà donné un nom : « Vieillevigne en partage ».
Liberté de parole et transparence
Si elle est élue, Evelyne Raulet assure que la parole sera au cœur de sa mandature. « C’est essentiel pour moi. Il faut savoir accepter les idées des autres et en faire quelque chose ». La transparence aussi.
Pour ne pas être déceptif, il faut savoir expliquer pourquoi on dit ‘non’, pourquoi on ne peut pas.
Et sur ce point-là, l’élue sait qu’il y aura à faire. Car pour porter de gros projets, il faut du budget.
« Et à Vieillevigne, il n’y a en plus. On ne pourra pas faire de nouvel emprunt avant 2028 », note-t-elle sans détour. « Pour autant, il y a plein de choses à faire sans gros moyens pour apporter du bien-être dans la commune et rendre sa place à l’esprit de citoyenneté ».
Marché, médecins, pôle culturel…
Evelyne Raulet aimerait notamment mettre en place « une dynamique pour le marché ». Pareil pour les médecins, qui manquent comme dans de nombreuses communes rurales.
« On pourrait réfléchir à financer les loyers, ou à les salarier », avance cette juriste de formation, qui a pendant plus de 30 ans été directrice de greffe d’un tribunal, lui faisant dire que « mon souci premier, c’est l’intérêt général ».
Encore « très active », elle est d’ailleurs présidente de l’association « Histoires de » dans la commune, créée pour « rompre l’isolement ». Elle a aussi pendant plusieurs années dirigé l’école de musique, elle qui est une grande amatrice de culture.
« D’ailleurs, s’il y avait de l’argent, mon grand projet serait la création d’un vrai pôle culturel ». Un projet qu’elle n’enterre pas, estimant qu’il faut avant tout « faire une étude de faisabilité ».
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